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| Lettre à Boris Vian. Edwige Passoni |

Je vous ai dessiné
Je vous ai aimé
Je vous ai protégé
Je vous ai adoré
Je vous ai donné la vie
En échange je n’ai eu que des soucis
Toute petite j’ai tout assumé
Et essayé de vous amener
Jusqu’à l’adolescence
Toute pleine d’espérance
Ce que la vie m’a réservée
Je ne l’aurais jamais imaginé
De me voir trahie
Tous les deux, d’avoir menti
J’ai souvent le coeur qui saigne
Malgré tout, j’ai de la veine
Car au fond de moi même et malgré ma peine
J’ai eu 2 enfants
Et malgré tout de bons moments
La stature, l’allure, le sourire c’est son père
Les désillusions, les voyages, l’aventure c’est sa mère
Mon fils a 2 facettes
Mais des projets, plein la tête
L’argent lui file entre les doigts
Faire la tête, déconner il est le roi
De sa vie à 100 à l’heure
Jamais il ne le lasse ni se leurre
Dans son métier, il est toujours en mouvement
Au boulot, il bosse et jamais ne ment
Hélas! Comme en amour, jamais ça ne ne dure
Et la vie pour lui n’est pas pure
Il retombe toujours sur ses pattes
Même si parfois il en plein la patate
Je pense qu’il croit à son avenir
Un bouleversement pourrait le retenir
Sur cette terre où il court
Peut-être pour le grand amour.

Madame Edwige PASSONI


| Lettre à Boris Vian. Gérard Gargoulaud |


 Le 26 Mars 2009




Cher Boris Vian

Au soleil et à l’abri du vent le lézard a bien fait les choses en glissant une invitation à vous écrire entre les pages de vos livres que je relis. Et moi je crois aux coincidences.
Je suis au bord de l’aise de vous savoir en Escale girondine. Je n’ai jamais cru que vous étiez mort un jour de juin 1959. La preuve, c’est que nous nous sommes rencontrés deux ans plus tard. Vous étiez alors un monsieur qu’on nomme “grand” et j’avais toutes les raisons de partager votre antimilitarisme.
Cinquante ans plus tard votre souvenir résuscite l’écume de ma jeunesse. Avec vous Prévert, Queneau et quelques oeuvres j’ai appris les chemins de travers, le plus loin possible des autoroutes du conformisme et de ses rails de sécurité de moins en moins sociales.
Je vous en suis éternellement reconnaissant, même si je ne crois pas à l’éther mité par les longs courriers. C’est pourquoi, d’ailleurs, je décide d’en rester là avec ce témoignage de ma vieille et indéfectible amitié.

GARGOULAUD Gérard


| Lettre à Boris Vian. Christian Lambert |

Monsieur BORIS


Au départ, comme on dit dans les romans-photos qui commencent mal en général, tout nous séparait : les origines, le milieu, l’époque. A preuve vous étiez déjà mort quand on s’est rencontré ! Enfin, en guise de rencontre, elle fut plutôt pour moi, grand garçon pubère et boutonneux, timide et apeuré, brouillon d’homme à peaufiner, plus à l’aise avec les livres qu’avec les filles.

Les filles…La première, je m’en souviens comme si c’était hier, Monsieur Boris, ce fut Chloe et son nénuphar dans le poumon. Ca ne s’invente pas ces choses-là . Puis vite vinrent les autres, toutes et tous, êtres de papier croisés au fil des pages et au gré des insomnies. Instants de grâce et jus de mots, poésie et révolte confondues. Ton inimitable, fumet inégalable de Vian dans l’air… Pour ranger votre intégrale, j’aurais dû agrandir ma chambre. Ca doit être pour cela que c’est en poche que je vous préfère : la gauche bien entendu, celle du cœur, fût-il fragile de naissance…Mais on n’est pas là, Monsieur Boris, pour vous dresser une énième préface de lauriers.

Et puis « le Déserteur »…Aux propos si mâles avinés de l’adjutantissime de mes trois jours auscultant ma poitrine maigrelette de sursitaire éternel revenait cette voix en écho, mélopée montée des entrailles, refrain têtu et entêtant : je ne veux pas la faire …sur terre…pauvres gens …refusez d’obéir…refusez de partir… « Réformé » dirent-ils. Ce jour-là reste pour moi mon plus noble fait d’armes…

Je vous écris en cours d ‘escale, Monsieur Boris, poste restante à Sainte Croix place de l’église où, de Saint Germain des Prés il n’y a qu’un pas, traces de pas glissées Port de la Lune par les Caussimon et autres glorieux obscurs au rythme du fleuve et sur les pavés humides de ma ville atlantique.

Avant de vous quitter je voudrais pas crever sans vous remercier du bonheur et des heures que vous m’avez données, peut-être même sans le faire exprés. Rentrons les mouchoirs, sortons les trompinettes, et en avant la zizique…



Christian LAMBERT


| Lettre à Boris Vian. Cendrine Garbage |

Hommage à Monsieur Boris Vian,

Monsieur Vian,

Déjà cinquante ans, mais vous n’êtes pas parti, tant que l’on pense à vous, vous serez présent ; et c’est à un homme rare à qui je rends hommage à travers ses quelques mots.
Dans le monde la société voit naître chaque quart de siècle des idéalistes de la liberté honorés et aimés, inoubliables classiques originaux, philosophes féroces tant utiles pour les uns tant dérangeants pour les autres.
Vous êtes utile comme cela au début de ce millénaire emprunt de cette volonté douce et amère avant-gardiste pour opter de préférer vivre dans une société épanouissante, bienfaisante et productrice pour tout le monde.
Vous avez dû vous sentir plus d’une fois seul, ou plutôt unique, tel une force tranquille vers une perspective d’évolution digne et responsable contre trop de démons qui habitent la nature humaine tellement présents que l’on ne veut plus les voir et votre combat pour ces idées pleines de tendresse commence et continue encore aujourd’hui au début de ce millénaire.
Je vous remercie pour toutes ces idées pleines de tendresse, et je vous rendrais hommage jusque sur votre tombe.

Cendrine Garbage


| Lettre à Boris Vian. Anonyme |

Mon vieux Boris,

Je ne sais pas écrire, je ne suis pas artiste, mais je te veux VIVANT !



(A chanter sur l’air de la complainte du progrès les arts ménagers)

Je veux que tu pirouettes sur nos entourloupettes,
Et que tu nous rappelles qu’ la vie peut être belle
En restant insolent, et désobéissant.

Ah! Boris, balaye-moi tout ça :
- les reality-show à qui a le plus gros bobo,
- tous les bonimenteurs et tous les imposteurs
qui nous prennent pour des veaux,
s’enrichissent sur notre dos,
et mènent tout à vaux l’eau.

Parle-nous de la planète, dis-nous comme elle est belle,
Parle-nous de ces amours qui riment avec toujours,
Et de tous ces braves gens qu’ont su rester vivants en restant vigilants.


Boris…..A MOI ! ! !

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